Mercedes : on a essayé les dernières technologies embarquées du constructeur

Véritable porte-étendard de la gamme Mercedes, en attendant l’EQS, la berline 100 % électrique, la Classe S reste la vitrine technologique de la marque et embarque une liste d’équipements longue comme le bras. Nous avons pu les essayer.

L’habitacle de la Mercedes Classe S

L’habitacle de la Mercedes Classe S // Source : Marius Hanin

« S » pour « Special », la Mercedes Classe S est spéciale à plus d’un titre et pas seulement sa septième et dernière génération dont nous allons vous présenter les technologies aujourd’hui. La Classe S, c’est, depuis des décennies, une voiture devenue indissociable de l’histoire de l’automobile. Depuis les années 50 et la Type 220, sept générations se sont succédé et trois millions d’exemplaires ont été vendus dans le monde.

Le porte-étendard de la firme étoilée, c’est aussi le porte-étendard de l’industrie automobile en ce qui concerne la technologie, notamment en matière de sécurité. Plusieurs technologies, aujourd’hui démocratisées, ont été inaugurées sur la Classe S, notamment l’ABS en 1978, le premier airbag en 1981, le premier ESP en 1995 ou encore le premier régulateur de vitesse adaptatif en 1998.

Cette nouvelle génération de Mercedes Classe S met en avant des technologies d’aides à la conduite de haut niveau, tout en accentuant l’expérience à bord en choyant tout aussi bien son conducteur que ses passagers. Nous allons donc, à travers ce dossier, passer au crible toutes les technologies présentées à bord de l’une des voitures les plus technologiques et luxueuses du marché automobile.

Jusqu’à cinq écrans à bord

Pratiquement toutes les voitures neuves possèdent un ou deux écrans. Il s’agit plus généralement de l’écran central qui est tactile et qui permet de gérer toutes les commandes de la voiture, le deuxième remplaçant le système d’instrumentation. Ces deux écrans, nous les avons évidemment au sein de la Mercedes Classe S, avec trois autres écrans derrière.

Les deux principaux sont fixés au niveau des appuis-tête à l’avant, sont tactiles et font 11,6 pouces. Le dernier écran est une tablette tactile fournie par Samsung et qui intègre l’application MBUX. Celle-ci permet aux passagers arrière de contrôler plusieurs éléments de la voiture, dont le système multimédia principalement.

À l’intérieur de la Mercedes Classe S, à la place du Président

À l’intérieur de la Mercedes Classe S, à la place du Président // Source : Marius Hanin

L’écran central OLED de 12,8 pouces

C’est le cœur technologique de notre Mercedes Classe S. Avec une belle résolution de 1888×1728 pixels, cet écran tactile permet de contrôler absolument toutes les fonctionnalités de la voiture. Cet écran n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de certaines Tesla et permet de gérer les systèmes d’aides à la conduite, le multimédia, l’éclairage d’ambiance actif (avec pas moins de 64 couleurs), ou encore de vous situer précisément dans l’espace grâce à un système de stationnement fonctionnant avec des caméras afin de modéliser l’environnement autour du véhicule.

Cet écran est bien évidemment personnalisable et dispose d’une identification biométrique afin d’enregistrer toutes les données et toutes les préférences des différents usagers de la voiture. Une technologie plutôt pratique pour les véhicules amenés à être utilisés par plusieurs chauffeurs par exemple.

L’écran d’instrumentation digital

Cet écran, qui remplace les aiguilles classiques, est apparu en 2014 sur l’Audi TT. Pratiquement toutes les voitures modernes bénéficient de cet écran qui permet de personnaliser son mode d’affichage. Des deux compte-tours classiques à votre navigation, en passant par vos données de consommation, vous pourrez absolument tout connaître de votre conduite en temps réel via cette dalle numérique personnalisable.

Elle bénéficie également d’un affichage 3D avec deux caméras placées cote à cote qui servent à capter l’image du conducteur et utilisent un algorithme pour détecter ses yeux. De notre côté, lors de notre essai, nous n’avons pas été vraiment convaincus par ce système 3D (qu’il est heureusement possible de désactiver) et qui a eu plutôt tendance à nous obliger à forcer sur nos yeux pour y voir convenablement.

L’affichage tête-haute en réalité augmentée est en revanche plus convaincant, il vient compléter le champ visuel du conducteur avec des indications virtuelles plutôt bien réalisées et qui ne déconcentrent pas le conducteur. De grandes flèches bleues viennent s’immiscer au-dessus d’un croisement pour vous signaler plus précisément où tourner.

Le système d’affichage tête-haute avec réalité augmentée

Le système d’affichage tête-haute avec réalité augmentée // Source : Marius Hanin

Le système de divertissement arrière

Au sein d’une option baptisée « Business Class » et facturée la bagatelle de 34.500 euros (en plus de la voiture qui démarre aux environ de 100.000 euros), vous pourrez avoir deux écrans à l’arrière vous permettant de regarder la TV, d’écouter de la musique, et même de gérer la navigation en entrant une nouvelle donnée GPS en l’envoyant sur l’écran du conducteur. Vous contrôlez pratiquement tout via ces écrans, et si vous choisissez d’étendre vos jambes et de reculer le siège avant au maximum, pas de panique, la petite tablette amovible située au niveau de l’accoudoir viendra vous prêter main-forte.

Cette tablette, fournie par Samsung, embarque donc l’application MBUX (pour Mercedes-Benz User Experience) connectée à la voiture. Vous pourrez faire exactement les mêmes choses qu’avec les écrans arrière. À ceci près que la tablette de notre modèle d’essai s’est montrée parfois assez capricieuse, avec quelques moments de latence et plusieurs bugs. Dommage.

Place à l’intelligence artificielle

La Mercedes Classe S est dotée d’un « assistant intérieur » qui réagit en fonction des actions du conducteur. Par exemple, un coup d’œil vers l’arrière par-dessus l’épaule permet, si la marche arrière est enclenchée, que le store pare-soleil de la lunette arrière descende pour offrir une meilleure vision. Autre exemple : quand le conducteur approche ses mains de l’écran central, l’intelligence artificielle agit en agrandissant ou en mettant en relief des éléments de l’écran d’accueil.

Pour régler un rétroviseur, plus besoin de le sélectionner au préalable, il suffit simplement de le regarder pour ensuite ajuster la position du miroir. De simples gestes de la main permettent également de gérer les fonctions d’éclairage. Nous retrouvons également la fameuse commande vocale qu’il est possible d’activer en disant « Hey Mercedes ». Vous pourrez alors pratiquement tout lui demander (même ce qu’elle pense de BMW ou d’Audi…), comme monter ou baisser les stores, augmenter ou diminuer la température, ou encore mettre telle ou telle radio.

La commande vocale peut être désactivé via l’écran central

La commande vocale peut être désactivé via l’écran central // Source : Marius Hanin

Elle pense à votre bien-être

Les salons de massage sont fermés en ce moment ? Pas de problème, du moins pour les possesseurs de Classe S. Grâce au « Pack Energizing », la voiture va dorloter ou bien tonifier ses occupants avec des programmes variés. Il y a cinq types de programmes : « Chaleur », « Vitalité », « Bien-être », « Plaisir des sens » et « Fraîcheur ». À l’activation de l’un de ces programmes, la ventilation, les sièges chauffants, ventilés et massants, et l’éclairage d’ambiance vont fonctionner ensemble pour vous détendre ou bien vous tonifier.

Il y a même des exercices en vidéo pour, par exemple, décontracter les muscles. Cette fonction est disponible uniquement à l’arrêt, pendant la conduite seul l’audio fonctionne. Il y a également une sorte de « coach virtuel » qui fonctionne de concert avec les montres connectées Mercedes-Benz fabriquées par Garmin. Ces montres récoltent certaines données afin de permettre d’adapter un programme personnalisé en fonction du niveau de stress des occupants, ou encore de la qualité de leur sommeil. Le « coach » donne alors des recommandations qu’il est possible de suivre en activant un programme personnalisé.

Bienvenue au cinéma

Comme indiqué plus haut, il est possible de regarder la TV sur les deux écrans placés à l’arrière. Il est aussi possible de regarder un film en l’ayant, au préalable, enregistré sur une clé USB ou bien un appareil de stockage. Il sera ensuite possible de lire le film sur les écrans de derrière. Malheureusement, la voiture n’embarque pas d’application de vidéo à la demande comme OCS ou encore Netflix.

L’expérience est toutefois assez saisissante, notamment grâce au système audio Burmester « 4D Surround » composé de 31 haut-parleurs, d’un subwoofer et de huit « exciters » dans les sièges, chacun doté d’un canal d’amplification. Au total, le système Hi-fi fournit 1350 watts. Le résultat est saisissant et donne l’impression d’être dans une vraie salle de cinéma, avec une sonorité claire et limpide et de vraies sensations dans les sièges. Et si vous souhaitez regarder un film différent de votre voisin, c’est possible, vous n’aurez qu’à connecter un casque via une prise jack ou en Bluetooth pour profiter, vous et vous seul, de votre film.

Les aides à la conduite

La Mercedes Classe S embarque à peu près tout ce qui existe en matière d’aides à la conduite. Le listing est long comme le bras et comprend, entre autres, le freinage automatique d’urgence, le régulateur de vitesse adaptatif, l’assistance de la direction, l’assistance au maintien dans la voie, l’assistance au changement de voie, la reconnaissance des panneaux de signalisation, la surveillance active des angles morts, etc. Toute cette armada lui permet d’afficher une conduite autonome de niveau trois… mais indisponible en France à cause de la législation en vigueur. Les Allemands seront plus chanceux puisque ce système sera légalisé dès le second semestre 2021 sur leurs routes.

Plus haut, nous vous parlions des quelques technologies que les précédentes Classe S ont pu inaugurer. La nouvelle génération est la première voiture de série à être dotée d’un airbag frontal pour les passagers de la banquette. Un airbag entre le conducteur et le passager est aussi ajouté. Pour couronner le tout, en cas de choc latéral imminent, la voiture peut se soulever afin de déviée l’énergie de l’impact vers les parties basses de la structure, plus résistantes.

Quel avenir pour la Mercedes Classe S ?

Comme vous n’êtes pas sans le savoir, l’avenir est à l’électrique et Mercedes n’échappera pas à la règle. La marque prépare une offensive sans précédent et l’équivalence de la Classe S en électrique, ce sera la nouvelle Mercedes EQS. Le constructeur nous a déjà présenté quelques éléments de la voiture, dont son écran incurvé gigantesque appelé Hypersreen. L’EQS disposera de motorisations allant de 286 à 640 chevaux et jusqu’à 700 kilomètres d’autonomie. Elle sera proposée en deux ou quatre roues motrices et avec un pack batterie allant de 90 à 108 kWh selon les versions. Elle sera commercialisée à la fin de l’année 2021.

Si, pour le moment, les Mercedes Classe S et EQS vont cohabiter dans la gamme, l’avenir de la Classe S, aussi bien en thermique qu’en hybride rechargeable, pourrait être compromis au vu des nouvelles normes environnementales. Mais d’ici là, ça aura encore largement le temps de changer.

Photos : Marius Hanin

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