Avec son coup de com, Intel admet être effrayé par l’Apple M1

Le lancement à succès des premiers MacBook 100 % Apple peut bouleverser l’industrie. Intel entend bien montrer ses muscles, en choisissant ses combats.

Apple MacBook Pro M1

Apple MacBook Pro M1 // Source : Arnaud Gelineau pour Frandroid

S’il fallait retenir une seule chose d’Apple sur l’année 2020, ce serait inévitablement la transition démarrée par la marque pour passer ses PC, Mac ou MacBook, des processeurs Intel à ses propres puces Apple M1. La première génération de produit M1 a été acclamée par la presse : moins cher, plus autonome, très performante et ultra silencieuse. Notre test du MacBook Pro M1 le confirme.

Cette transition a fait perdre à Intel un gros client, mais au-delà de ça, elle a permis d’illustrer le retard des PC portables sur les autres parties de l’industrie high tech, peut-être en raison de l’hégémonie d’Intel sur ces dix dernières années. L’heure est venue de la riposte pour Intel et le géant a choisi son terrain : la communication.

Intel bat Apple, sur certains tests précis

Intel a donc convié la presse tech à une présentation où la marque s’est décidée à comparer frontalement son processeur Intel Core i7 de 11 th génération avec l’Apple M1 du MacBook Pro. Sur ses tests, Intel clame haut et fort être capable de proposer 30 % de performances en plus sur Chrome, et de meilleures performances sur Microsoft 365.

Source : Intel

Source : Intel

Évidemment, pour comprendre il faut regarder dans le détail et ainsi s’apercevoir qu’Intel a méticuleusement choisi la batterie de tests pour comparer les deux processeurs. On ainsi une comparaison sur « l’export de PDF depuis PowerPoint » où Intel fait 2,34 fois mieux, ou sur l’organisation d’un album sur Google Chrome où Intel fait 1,45x fois mieux.

Dans ses autres tests, Intel en profite pour tacler Apple sur ses faiblesses, notamment sur le jeu vidéo. Ainsi, Intel a souhaité tester Gears Tactics, Hitman 2, Far Cry New Dawn ou Metro Exodus, autant de jeux qui ne sont pas compatibles avec l’Apple M1, car non disponible sur MacOS.

Si sur l’ensemble des tests Intel utilise un MacBook Pro M1, la firme se décide à utiliser un MacBook Air M1 pour sa comparaison d’autonomie, où la machine d’Apple fait mieux que les PC de seulement 6 minutes. Il faut préciser ici que le MacBook Pro offre une meilleure autonomie que le MacBook Air, ce qui explique sans doute le choix d’Intel.

Intel termine sa démonstration avec d’autres arguments comme la meilleure compatibilité proposée sur les PC avec des périphériques de tout genre, ou la possibilité de connecter plusieurs écrans externes sur une machine Intel, où Apple ne propose qu’un seul écran externe jusqu’à 6K.

Un aveu de faiblesse ?

Plusieurs des arguments présentés par Intel sont parfaitement légitimes sur le papier, et il est clair qu’un acheteur devra bien peser le pour et le contre entre une machine Intel et un des nouveaux PC d’Apple en M1. Cependant, le plus intéressant ici est qu’Intel ait choisi de prendre la parole pour attaquer aussi frontalement Apple.

Dans ses déclarations, Intel veut bomber le torse et montrer les performances de ses processeurs, mais en se lançant dans une telle campagne de communication, le fondeur ne prouve-t-il pas au contraire à quel point Apple est devenu pertinent dans le secteur ? En se comparant ainsi, Intel illustre à quel point il peut se sentir en danger. Par ailleurs, si la différence de performance et de compatibilité était si favorable à Intel, est-ce que cela ne s’illustrerait pas immédiatement à travers les produits des deux écosystèmes ? La presse est au contraire quasi unanime sur la prouesse d’Apple et le retard du PC x86 sur des questions d’autonomie, de refroidissement ou de performances.

Ironiquement, l’une des théories de communication que suit Apple à la lettre est qu’il faut « laisser le produit faire la communication ». Autrement dit, si le produit est de qualité, et que les consommateurs comme la presse en sont satisfaits, la communication se fera d’elle-même.

Leave a Comment